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DNC : comparatif des stratégies par pays

DNC - comparatif par pays

La dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) constitue aujourd’hui l’une des maladies animales les plus redoutées en Europe. Hautement contagieuse, vectorielle et aux conséquences économiques majeures, elle impose une réaction sanitaire rapide, structurée et coordonnée.
Si l’Union européenne définit un cadre réglementaire commun, les stratégies nationales de gestion et de traitement diffèrent sensiblement selon les pays, en fonction de leur exposition géographique, de leur organisation sanitaire et de leur historique épidémiologique.
Ce comparatif met en lumière les principaux points communs et différences entre la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse et l’Espagne.

I. La dermatose nodulaire contagieuse bovine : rappel sanitaire

La DNC est une maladie virale causée par un Capripoxvirus, affectant exclusivement les bovins. Elle se transmet principalement par des insectes vecteurs (moustiques, mouches piqueuses, tiques), ce qui explique sa progression rapide dans certaines zones climatiques.

Les signes cliniques incluent :

  • nodules cutanés disséminés,
  • fièvre élevée,
  • chute de production laitière,
  • lésions internes possibles,
  • mortalité variable mais pertes économiques importantes.

Classée comme maladie réglementée par l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH), la DNC impose des mesures strictes de déclaration et de contrôle.
👉 Source : https://www.woah.org/en/disease/lumpy-skin-disease/

En France, l’ANSES rappelle que la prévention repose avant tout sur la surveillance, la limitation des mouvements et la maîtrise des vecteurs.
👉 https://www.anses.fr/fr/content/dermatose-nodulaire-contagieuse-bovine

II. Un cadre réglementaire européen commun

L’Union européenne encadre la lutte contre la DNC via la législation sanitaire animale. La maladie fait partie des maladies à fort impact, nécessitant :

  • déclaration obligatoire,
  • restrictions de mouvements des animaux,
  • zonage réglementaire,
  • abattage sanitaire possible,
  • vaccination strictement encadrée.

👉 https://food.ec.europa.eu/animals/animal-health_en

Toutefois, la mise en œuvre opérationnelle de ces mesures reste du ressort des États membres, ce qui explique les différences observées sur le terrain.

III. Les stratégies nationales comparées

🇫🇷 France : priorité à l’éradication rapide

La France adopte une approche centralisée et rigoureuse, pilotée par l’État :

  • détection précoce via le réseau vétérinaire,
  • abattage sanitaire des foyers confirmés,
  • vaccination d’urgence uniquement si nécessaire,
  • indemnisation systématique des éleveurs.

Cette stratégie vise une éradication rapide afin d’éviter toute installation durable de la maladie.
👉 https://agriculture.gouv.fr/sante-animale

🇧🇪 Belgique : anticipation et biosécurité renforcée

Pays actuellement indemne, la Belgique mise sur :

  • une prévention maximale,
  • des plans d’urgence prêts à être activés,
  • une coopération transfrontalière étroite,
  • un contrôle strict des mouvements.

La vaccination n’est envisagée qu’en cas de menace imminente.
👉 https://www.afsca.be/professionnels/productionanimale/santeanimale/

🇩🇪 Allemagne : organisation fédérale et surveillance régionale

L’Allemagne applique une approche décentralisée :

  • responsabilité partagée entre Länder et autorités fédérales,
  • surveillance épidémiologique renforcée,
  • vaccination considérée comme ultime recours,
  • importance donnée à la traçabilité et au contrôle des déplacements.

👉 https://www.fli.de/en/

🇮🇹 Italie : vaccination ciblée et gestion en zones à risque

L’Italie, historiquement exposée aux maladies vectorielles, adopte une approche plus pragmatique :

  • vaccination préventive ou ciblée dans certaines zones,
  • restrictions strictes de mouvements,
  • contrôles sanitaires renforcés,
  • forte expérience terrain dans la gestion des épizooties.

👉 https://www.salute.gov.it/

🇨🇭 Suisse : vigilance maximale malgré un statut indemne

La Suisse, bien que non membre de l’UE, applique des standards très élevés :

  • surveillance intensive aux frontières,
  • plans de vaccination prêts à l’emploi,
  • abattage sanitaire privilégié en cas de foyer,
  • coordination étroite entre autorités et vétérinaires.

👉 https://www.blv.admin.ch/

🇪🇸 Espagne : prévention face au risque méditerranéen

L’Espagne concentre ses efforts sur :

  • la surveillance des zones méridionales,
  • la lutte contre les insectes vecteurs,
  • la coordination entre régions autonomes,
  • des mesures préventives renforcées sans vaccination systématique.

👉 https://www.mapa.gob.es/

IV. Points communs entre les pays européens

Malgré des approches différentes, plusieurs fondamentaux partagés émergent :

  • reconnaissance de la DNC comme urgence sanitaire,
  • rôle central du vétérinaire praticien,
  • importance de la surveillance épidémiologique,
  • encadrement strict de la vaccination,
  • coordination avec les autorités sanitaires.

V. Différences majeures observées

Les divergences reposent principalement sur :

  • le recours à la vaccination (préventive ou non),
  • le niveau de centralisation des décisions,
  • la gestion des zones à risque vectoriel,
  • l’expérience historique avec la maladie.

Ces différences traduisent une adaptation aux réalités géographiques, climatiques et organisationnelles de chaque pays.

VI. Tableau comparatif des approches par pays

PaysStatut DNCStratégie principaleVaccinationOrganisation
FranceTouchée (Alpes / Midi - Pyrénées)Éradication rapideExceptionnelleCentralisée
BelgiqueIndemnePrévention maximaleNon (anticipation)Centralisée
AllemagneIndemneSurveillance renforcéeUltime recoursFédérale
ItalieTouchée (Sardaigne)Vaccination cibléeOui (zones)Mixte
SuisseIndemneVigilance frontalièrePréparéeCentralisée
EspagneTouchée (Girone)Prévention vectorielleNon systématiqueRégionale

VII. Vers une meilleure harmonisation européenne

Le changement climatique, l’extension des vecteurs et la mobilité accrue des animaux renforcent la nécessité :

  • d’un partage des données épidémiologiques,
  • d’une coordination transfrontalière renforcée,
  • d’outils numériques communs pour la surveillance sanitaire.

L’EFSA souligne l’impact croissant du climat sur la santé animale.
👉 https://www.efsa.europa.eu/en/topics/topic/animal-health

Conclusion

La gestion de la dermatose nodulaire contagieuse bovine en Europe repose sur un socle commun, mais se décline selon des stratégies nationales distinctes.
Entre éradication rapide, vaccination ciblée et prévention renforcée, chaque pays adapte sa réponse à son niveau de risque.

Dans tous les cas, le vétérinaire demeure un acteur clé, à la fois sentinelle sanitaire, conseiller des éleveurs et relais des autorités.
À l’avenir, seule une approche européenne coordonnée permettra de contenir durablement cette maladie à fort impact.

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