
La dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) constitue aujourd’hui l’une des maladies animales les plus redoutées en Europe. Hautement contagieuse, vectorielle et aux conséquences économiques majeures, elle impose une réaction sanitaire rapide, structurée et coordonnée.
Si l’Union européenne définit un cadre réglementaire commun, les stratégies nationales de gestion et de traitement diffèrent sensiblement selon les pays, en fonction de leur exposition géographique, de leur organisation sanitaire et de leur historique épidémiologique.
Ce comparatif met en lumière les principaux points communs et différences entre la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse et l’Espagne.
La DNC est une maladie virale causée par un Capripoxvirus, affectant exclusivement les bovins. Elle se transmet principalement par des insectes vecteurs (moustiques, mouches piqueuses, tiques), ce qui explique sa progression rapide dans certaines zones climatiques.
Les signes cliniques incluent :
Classée comme maladie réglementée par l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH), la DNC impose des mesures strictes de déclaration et de contrôle.
👉 Source : https://www.woah.org/en/disease/lumpy-skin-disease/
En France, l’ANSES rappelle que la prévention repose avant tout sur la surveillance, la limitation des mouvements et la maîtrise des vecteurs.
👉 https://www.anses.fr/fr/content/dermatose-nodulaire-contagieuse-bovine
L’Union européenne encadre la lutte contre la DNC via la législation sanitaire animale. La maladie fait partie des maladies à fort impact, nécessitant :
👉 https://food.ec.europa.eu/animals/animal-health_en
Toutefois, la mise en œuvre opérationnelle de ces mesures reste du ressort des États membres, ce qui explique les différences observées sur le terrain.
La France adopte une approche centralisée et rigoureuse, pilotée par l’État :
Cette stratégie vise une éradication rapide afin d’éviter toute installation durable de la maladie.
👉 https://agriculture.gouv.fr/sante-animale
Pays actuellement indemne, la Belgique mise sur :
La vaccination n’est envisagée qu’en cas de menace imminente.
👉 https://www.afsca.be/professionnels/productionanimale/santeanimale/
L’Allemagne applique une approche décentralisée :
L’Italie, historiquement exposée aux maladies vectorielles, adopte une approche plus pragmatique :
La Suisse, bien que non membre de l’UE, applique des standards très élevés :
L’Espagne concentre ses efforts sur :
Malgré des approches différentes, plusieurs fondamentaux partagés émergent :
Les divergences reposent principalement sur :
Ces différences traduisent une adaptation aux réalités géographiques, climatiques et organisationnelles de chaque pays.
| Pays | Statut DNC | Stratégie principale | Vaccination | Organisation |
|---|---|---|---|---|
| France | Touchée (Alpes / Midi - Pyrénées) | Éradication rapide | Exceptionnelle | Centralisée |
| Belgique | Indemne | Prévention maximale | Non (anticipation) | Centralisée |
| Allemagne | Indemne | Surveillance renforcée | Ultime recours | Fédérale |
| Italie | Touchée (Sardaigne) | Vaccination ciblée | Oui (zones) | Mixte |
| Suisse | Indemne | Vigilance frontalière | Préparée | Centralisée |
| Espagne | Touchée (Girone) | Prévention vectorielle | Non systématique | Régionale |
Le changement climatique, l’extension des vecteurs et la mobilité accrue des animaux renforcent la nécessité :
L’EFSA souligne l’impact croissant du climat sur la santé animale. https://www.efsa.europa.eu/en/topics/topic/animal-health
La gestion de la dermatose nodulaire contagieuse bovine en Europe repose sur un socle commun, mais se décline selon des stratégies nationales distinctes.
Entre éradication rapide, vaccination ciblée et prévention renforcée, chaque pays adapte sa réponse à son niveau de risque.
Dans tous les cas, le vétérinaire demeure un acteur clé, à la fois sentinelle sanitaire, conseiller des éleveurs et relais des autorités.
À l’avenir, seule une approche européenne coordonnée permettra de contenir durablement cette maladie à fort impact.

L’équipe Epivet